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Hawaï : partie 1

Arrivée à Hawai'i
C'est aux alentours de 19° Nord, bien en-dessous du Tropique du Cancer, qu'un oiseau de métal d'American Airlines me dépose, en compagnie de nombreux autres touristes, sur les pistes du Kona International Airport, dans la brise tiède de la nuit du 24 juin. Point de passerelle télescopique dans ce minuscule aéroport aux allures de village de vacances mais le charme suranné d'un escalier mobile, menant sur le tarmac. A quelques dizaines de mètres de là, les terminaux de l'aéroport ont des allures de paillotes avec leurs structures légères, ouvertes aux quatre vents. Plutôt que de respirer de l'air en boîte, les touristes sur le départ, le teint hâlé et les cheveux pleins de sable, attendent tranquillement dans une brise agréable. Personnel d'aéroport en chemises à fleurs, annonces au micro ponctuées d'Aloha et de Mahalo... pas de doute sur l'endroit où je me trouve.

 

Histoire de ne laisser aucun doute, ce trio de statues trône lascivement au milieu du terminal

 

 

Après une longue attente à l'agence de location de voitures, me voici propulsés sur les la route de la Grande Île, dans les lueurs du soir. Déjà, la magie commence à faire son oeuvre : les limites de vitesse sont basses et respectées, les gens ne sont pas surexcités au volant et les embranchements sont rares. Je traverse Kona, celle des deux principales agglomérations de l'île qui est située sur la côte ouest. Avec à peine 12 000 résidents permanents, voila qui donne une idée de l'urbanisation de l'île. Il est 9 heures du soir, tout est fermé et même le réceptionniste de l'hôtel est parti se coucher. Ma clé pend à un crochet et c'est donc dans le silence que j'accède à ma cellule de moine à l'hôtel Manago, l'un des plus vieux de l'île avec ses 94 ans d'histoire. Bien plus sympathique en tout cas que les barres blanches des grands hôtels de Kona.

 

 

Une lueur au bout du tunnel dans ce qui est probablement le seul hôtel des Etats-Unis à ne renfermer qu'une seule télévision (dans la salle commune, en bas) et zéro bible !

La vue sur la baie de Kealakekua est sublime !

 
La culture Aloha

C'est souvent par ce joli mot que commencent et finissent les conversations, qu'il est au final assez difficile de définir. Plus qu'un simple salut, le mot est composé de alo (en présence de) et ha (le souffle de la vie). Mis bout à bout, c'est à la fois un salut, une marque de respect et une invitation au dialogue et au partage des connaissances et des cultures*. Utilisé autrefois par les Hawaïens vivant sur des îles différentes, il invite aujourd'hui les vagues d'immigrants et de touristes américains, chinois, japonais, coréens... à apporter avec eux leurs racines et leur culture et à comprendre et préserver celles de l'île. Les jardin-sanctuaires de Paleaku sont un des endroits qui illustrent particulièrement ce concept. Trois hectares de terrain, amoureusement entretenus, abritent en effet des autels dédiés à de nombreuses religions et croyances, issues des quatre coins du monde. 

 

 

Un autel hindouiste, à l'ombre d'un arbre...

Côtoie une Maison des Esprits thaïlandaise

Un bassin Sufi, bien loin de son Moyen Orient natal

Des offrandes variées décorent le centre d'un labyrinthe grec

Il y a même une représentation arborée de la Voie Lactée, proposé par l'un des scientifiques de l'observatoire astronomique de l'îl

 

La langue

 

Bien que 90% des Hawaïens de souche aient été emportés par les maladies qui accompagnèrent le Capitaine James Cook et ses marins Britanniques lors de leur arrivée sur l'île en 1778, la culture insulaire perdure et profite même de tous les apports externes. Chaque nouvelle vague de colons semble avoir trouvé sa place dans l'écosystème et la vie de l'île, apportant de nouvelles compétences et de nouveaux mots à la langue. Le Hawaïen a lui aussi offert de nombreux termes à la culture commune, principalement dans le domaine de la volcanologie mais pas seulement : 

  • Aa représente, parmi les trois types courants de lave, celui qui donne naissance à des amas de rocaille aux formes torturées.

La plaie du randonneur mais le bonheur des mousses et micro-algues diverses

  • Pahoehoe, plus chaude et plus fluide, cristallise en sortes de vaguelettes fluides, plates et lisses

Celle-ci coule quasiment comme du caramel

  • Mana : l'énergie spirituelle (ou comment faire sensation lors de votre prochaine partie de jeu de rôle)
  • Wahine : ne rapporte pas seulement aux créatures de rêves qui vous passent des colliers de fleurs autour du cou mais est simplement la traduction hawaïenne de "femme"
  • Kamehameha (authentique!) : fans de Dragon Ball Z, j'y reviendrai, promis!

Bien qu'ayant beaucoup souffert de son interdiction dans les écoles en 1896 (ce qui l'a amené au bord de la disparition), le Hawaïen renaît aujourd'hui lentement, accompagné par des dialectes basés sur le métissage culturel de l'île, qui ont souvent des allures de Créole.

 

 

La nourriture

Sans doute ma seule déception en matière de culture insulaire : la cuisine traditionnelle hawaïenne ne semble pas avoir survécu aux vagues de colons. Seuls les récits et quelques jardins botaniques permettent aujourd'hui d'imaginer le goût d'épinard des feuilles de taro, les viandes et poissons grillés dans leur gaîne de feuilles de ti ou la couleur violette et la consistance de purée du poi. 

 

L'île s'est cependant imprégnée des traditions culinaires des colons, ce qui donne naissance à un mélange cosmopolite de saveurs et de couleurs. Sans revenir sur la pizza hawaïenne, j'ai pu faire de très bon repas, à base de marmites de porc braisé accompagné de chou sucré, de soupes de nouilles sino-japonaises à la sauce hawaïenne ou encore de délicieux gâteaux de crabe, le tout accompagné par de succulents jus de fruits frais : mangue, goyave, fruits de la passion... 

En dessert, les Malasadas, petites brioches frites et sucrées, d'origine portugaise, aromatisées à diverses saveurs se disputent ma préférence avec les Mud Pies du Sud des USA, confectionnées non pas avec du chocolat mais à base du célèbre (et délicieux) café de Kona. 

 

 

La suite?

Nous voici plus ou moins parés pour aller découvrir l'île, son histoire et ses splendides paysages!

 

 

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* James Cameron n'a sans doute pas seulement trouvé de splendides paysages pour Avatar à Hawai'i mais aussi, dans Aloha, son idée pour le salut entre les Na'vi : "Je te vois".

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Commentaires

Ca donne trop envie d'y aller ! =)

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