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Hawaï : partie 2 - Kailua

Sur la Grande Ile, la principale route épouse le contour des terres et c'est donc souvent à ses abords que l'on trouve des choses à voir. De plus, même si les Hawaïens occupaient l'intégralité de l'île, ils restaient quand même principalement des navigateurs et des pêcheurs, ce que traduit bien la localisation des vestiges. On commence par la côte Ouest.

 

Kailua 

 

 

Situé à l'Ouest de l'île, le district de Kailua abrite l'une des deux principales villes de l'île : Kona. Jouissant d'un climat ensoleillé et de jolies plages, Kona est rapidement devenue une station balnéaire et offre donc assez peu d'intérêt : cafés et grandes barres d'hôtel accueillent la majorité des touristes du coin, qui prennent leur pied à aller chiner dans les boutiques de souvenirs, en quête de chemises hawaïennes et de wahinées pour décorer leur tableau de bord. Grand bien leur en fasse...

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Au Nord de Kona se trouve le parc historique national de Kaloko-Honokohau, qui présente le système de division des terres dans le système hawaïen traditionnel. Au plus grand niveau, les 4 principales îles de l'archipel sont des Mokupuni. Chacune est divisée en Moku (districts), qui sont aujourd'hui encore utilisés : Kailua est ainsi l'un des 6 Moku de l'île. Chaque district est divisé en des bandes de terres allant du centre de l'île jusqu'au rivage, appelées Ahupua'a. Chacune de ces zones offre donc des paysages et des ressources variées, qui permettaient normalement à ses habitants de vivre en autarcie.

L'intérieur des terres est bien souvent parsemé de débris volcaniques aux formes torturées

Il faut traverser ces étendues stériles pour atteindre une langue de côte faisant office d'oasis au milieu du désert

La récompense

 

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Un peu plus au Sud de Kona se trouve la baie de Kealakekua, connue comme le lieu où le Capitaine Cook trouva la mort en 1779, alors qu'il tentait "diplomatiquement" d'accélérer la restitution d'une chaloupe volée en kidnappant un chef local. Un obélisque de pierre blanche marque l'endroit de sa mort sur la rive Nord de la baie. L'histoire veut que les Britanniques n'aient pas pu récupérer son corps et que les Hawaïens lui firent la grâce des rituels funéraires généralement réservés aux grands chefs. L'accès à la baie se fait par une petite route tortueuse, laissant apparaître les flots bleus à travers des rideaux de palmiers et de fougères.

 

 

La baie donne une bonne idée des dénivelés que l'on rencontre sur l'île

 

 

Transformée en réserve naturelle, la baie offre des eaux limpides et des récifs volcaniques grouillants de vie. L'eau est tiède et limpide, c'est un vrai régal de louer une paire de palmes et un tuba pour aller à la recherche des poissons bigarrés qui peuplent le fond (note pour plus tard : acheter un caisson étanche pour l'appareil photo).

 

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Plus au Sud encore, se dressent les vestiges d'une ancienne résidence royale et d'un complexe religieux, qui donnent un excellent aperçu des traditions hawaïennes anciennes : Pu'uhonua o Honaunau, la Cité du Refuge.

 

La cour royale est constituée de plusieurs huttes de bois d' 'ohi'a et de fibre de noix de coco, entourant une petite anse où les canoës royaux touchaient terre. Selon la loi ancestrale, le lieu était kapu pour quiconque excepté les ali'i : les chefs de sang royal. Le kapu est un interdit spirituel et social, qui régulait de nombreux aspects de la vie des Hawaïens : briser un kapu était considéré comme un blasphème pouvant provoquer la colère des dieux de l'île et se traduisait souvent par la mise à mort du coupable, afin de les apaiser. La seule façon d'échapper à la condamnation était de réussir à atteindre un pu'uhonua : un lieu de refuge et d'asile, où le sang ne pouvait être versé et où les prêtres pouvaient absoudre un briseur de kapu. En temps de guerre, les non-combattants et les guerriers vaincus pouvaient également trouver y trouver refuge. Les kapu étaient nombreux et divers : ils interdisaient aux femmes de préparer la nourriture pour les hommes et de manger avec eux, régulaient la pêche, la chasse ou la collecte du bois, interdisaient aux serviteurs de regarder les chefs ou de laisser leur ombre toucher un lieu consacré. 

 

Une reconstitution de canoë royal

 

Entre la résidence royale et le pu'uhonua se dresse un temple-mausolée où étaient conservés les restes de 23 chefs royaux et où des offrandes leur étaient offertes. Des ki'i (statues gardiennes) surveillent les abords du temple et marquent son caractère sacré. 

 

Hale o Keawe, le temple mausolée, surveillé par un féroce Ki'i

Des totems sculptés dans des palmiers

D'autres sont plus humanoïdes

Le couple de Ki'i gardant les abords du temple

 

Situé au bord de la baie, le temple constitue l'une des "portes" permettant d'accéder au pu'uhonu, séparé de la cour royale par un mur de 3 mètres de haut et de 5 mètres d'épaisseur, construit sans mortier, aux alentours de 1550.

 

La baie et Hale o Keawe, vus du pu'uhonua

Le mur est une séparation aussi bien physique que spirituelle

 

Derrière le mur, des plateformes cyclopéennes accueillaient les temples et servaient de promontoires pour les cérémonies. Quelques jeux de Konane (très proche du jeu de dames) sont encore visibles sur le site, qui offre également quelques magnifiques plages de basalte et de sable blanc.

 

Il y a pire comme lieu de pénitence

J'ai la chance de tomber en plein festival culturel et de pouvoir ainsi flaner entre les différents stands. Je n'ai malheureusement pas forcément le temps d'apprendre à me confectionner un couvre-chef en feuilles de palmier tressées mais seulement de jouer quelques parties de Konane et d'admirer quelques jolis pièces d'artisanat moderne, comme des statues ou des masques.

Statue Hawaïenne moderne

 

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Un peu plus à l'intérieur des terres se dresse l'église Sainte Bénédicte, aussi appelée Eglise Peinte, en l'honneur des superbes fresques qui couvrent la quasi totalité de l'intérieur. Construite en 1842 à proximité de la Cité du Refuge, elle fut démantelée et déplacée jusqu'à sa localisation présente en 1899, suite au déplacement de la population vers les hauteurs, plus fraîches et plus fertiles que la côte. Le lieu est désert lorsque j'arrive, tôt le samedi matin. Premier constat : ici aussi les murs ne sont pas "complets" ce qui donne un côté très ouvert au bâtiment. 

 

On se verrait presque siroter un thé glacé dans la véranda

L'église doit son nom à son intérieur, recouvert quasiment intégralement de superbes fresques, oeuvres du Père Velghe, arrivé de Belgique en 1899.

La vue est saisissante

Les fresques mêlent l'imagerie chrétienne et des motifs plus insulaires

Pour un autodidacte, le trompe-l'oeil (dessiné de mémoire) représentant le choeur de la cathédrale espagnole de Burgos, est plutôt impressionnant!

 

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C'est aussi dans cette région que se trouve la fine bande de terre où est cultivé le café de Kona : une variété prestigieuse, apparemment très appréciée des connaisseurs. Bien que je ne sois pas un fanatique de café, je dois avouer que les échantillons que j'ai testés valaient le coup. Le label est apparemment jalousement protégé par les quelques 300 fermes productrices qui se partagent les quelques arpents de terre offrant les conditions nécessaires au label. Leur nombre élevé et le côté touristique de la chose font qu'il est très facile d'aller discuter avec les producteurs et de déguster quelques tasses... avec modération!

 

La suite... heu... bientôt?

 

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