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Hawai'i : partie 3 - Kohala, Hamakua et Hilo

Hé bien non, je ne suis pas mort mais les vacances et l'accumulation de boulot qui en résulte m'ont tenus bien occupé. Septembre, quel meilleur moment pour poster un billet sur le ciel bleu? 

Le Nord de la Grande Ile : Kohala, Hamakua et Hilo

 

Si l'Ouest rassemble une bonne partie des trésors culturels de la Grande Ile, le Nord est le réceptacle de magnifiques paysages. Les formes rebondies de Mauna Kea surplombent des hautes terres herbeuses, qui descendent elles-mêmes en pente douce vers le rivage, avant de se jeter à corps perdu dans l'émeraude ondulante des fabuleuses vallées de Kohala ou les falaises majestueuses de Hamakua, tailladées de vertigineuses cascades. Sur le flanc Est du volcan éteint, irriguées en permanence par les larmes de nuages éventrés sur sa haute couronne, des forêts tropicales s'étendent à perte de vue, luttant par leur fougueux chaos contre les plantations qui ceignent Hilo. 
 
 
Kohala
Sur la route vers les points de vue donnant sur les vallées de Kohala, un vestige (et non des moindres), dresse avec fierté ses ruines centenaires sur la côte. Puukohola Heiau est un temple hawaïen dédié à Kukailimoku, le dieu de la guerre. Construit par Kamehameha le Grand pour assurer l'unification de l'île, les ruines cyclopéennes couronnent aujourd'hui encore la côte, surplombant les ruines d'un temple plus ancien, ironiquement dédié à la paix : Mailekini Heiau
 
Puukohola surplombant Mailekini
Comme pour le temple de Pu'uhonua o Honaunau, ces plate-formes de pierre, empilées sans mortier, accueillaient des échafaudages de bois et de fibres végétales où se déroulaient les cérémonies. Les bonnes relations entretenues entre Kamehameha Ier et les Occidentaux transformèrent rapidement Puukohola en fort côtier, avec l'établissement de plusieurs canons couvrant la baie royale attenante. 
 
La végétation est la seule trace de vie en ces lieux paisibles

 

Plus bas encore, achevant un étrange triptyque, se trouvent les ruines submergées de Hale o Kapuni Heiau, un temple dédié aux requins. Les croyances hawaïennes voient en effet les gracieux squales comme la réincarnation des esprits des anciens et une pierre sacrée marque aujourd'hui encore l'emplacement où le roi venait observer le ballet des requins, une fois les offrandes délivrées au temple.

 
 
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A la pointe Nord de Kohala, la route s'arrête, son élan asphalté stoppé par les grandes vallées occupant le rivage. La roche volcanique affleure en de hautes falaises grises, fine ligne de démarcation entre le turquoise strié d'écume de l'océan, le drapé émeraude des forêts et l'azur des cieux. Des chemins de terre ou d'eau serpentent dans les creux des vallées, buvant la lumière du soleil ou la renvoyant en une myriade d'éclats argentés. 
 
Je n'aurai malheureusement pas le temps d'aller explorer ces magnifiques vallées
 
Ces baies abritées font le bonheur des surfers

Une virée en hélicoptère permet d'apprécier les vallées sous
un angle différent
Vol au travers de la brume, au-dessus des crêtes
On trouve nombre de ces petits monuments sur le bord des routes
 
 
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Plus à l'intérieur des terres, entre les pentes abruptes de Mauna Kea et les vallées s'étendent de vastes pâturages où les bovins importés par les Occidentaux trouvèrent un terrain propice et se multiplièrent rapidement. 
 
L'herbe jaunie traduit mal le caractère pluvieux de la région
C'est déjà plus l'idée
 
Protégés par un Kapu édicté par Kamehameha lui même, les troupeaux furent laissés en paix pendant de longues années. Quand leur multiplication commença à poser problème, le roi fit appel à des rancheros mexicains pour gérer les troupeaux. Avant que leurs homologues américains ne se développent, les "cow-boys" hawaïens firent fortune et de nombreux ranchs parsemèrent bientôt les plaines. La production bovine de l'île rivalisa pendant un temps avec celle du Texas et est aujourd'hui encore très importante. 
 
Une statue de bronze, grandeur nature, commémore aujourd'hui encore les cow-boys hawaïens dans la ville de Waimea
 
 
Hamakua
La côte Nord-Est de la Grande Ile est réputée pour ses hautes falaises et pour les fines cascades qui chutent, telles des mèches de cheveux, le long des parois. 
 
Chaque cours d'eau creuse son canyon miniature avant de se jeter dans les flots

Les cascades sont plus impressionnantes par leur hauteur que par leur débit

Certaines dévalent les pentes tels des bouquetins, sautant de rocher en rocher

Après l'un des (fréquents) épisodes pluvieux, la côte Est prend des allures de passoire
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il n'y a pas grand chose à l'intérieur des terres à ce niveau, mis à part les pentes de Mauna Kea, découpées par un réseau changeant de petits cours d'eau et recouvertes d'une épaisse végétation. 
 
 
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Plus au Sud se trouve la province de Hilo, qui donne son nom à la deuxième "grande ville" de l'île. Les pluies qui se déversent sur les pentes Est de Maua Kea viennent irriguer les terres environnantes. L'humain dispute ces terres très fertiles à la nature, sous la forme de plantations tropicales. La canne à sucre qui poussait jadis a laissé la place à plusieurs centaines d'hectares d'eucalyptus bien ordonnés. Destinés à la base à alimenter une centrale thermique pour fournir de l'électricité à l'île, les arbres serviront en fait de matière première à un moulin à papier. 
 
Vues du ciel, les plantations ont des allures de damier bordés de haies visant à les protéger des vents violents

Les ruisseaux tracent leur cours dans le vert tendre des pentes herbeuses

 
Grottes marines et tubes de lave du Kilauea voisin sapent lentement la côte
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Des jardins botaniques tropicaux parsèment l'intérieur des terres. Des trésors végétaux aux couleurs chatoyantes sont au rendez-vous, visités assidument par une volière d'oiseaux au plumage bigarré. 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Au hasard d'un tournant, la route elle-même peut prendre des allures d'aventure, lorsqu'elle s'enfonce dans les profondeurs d'un petit canyon, rongé par les racines noueuses des arbres. Sous l'ombre d'une canopée luxuriante, dans la lourdeur humide des fragrances végétales enivrantes, on se surprend à se demander si la route ne va pas déboucher dans quelque vallée perdue, dont les jungles denses abriteraient quelques mythiques sauriens géants.
 
La glissière de sécurité et le carré de ciel ont un petit côté rassurant
Rapidement, la lumière disparait, aspirée par les feuilles goulues de la végétation.
Quelques signes de civilisation, abandonnés, subsistent

Plus loin encore, la végétation se resserre en un étau végétal implacable.
Il est trop tard pour faire demi-tour...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
C'est avec regret (et un soupir de soulagement à l'idée d'avoir échappé à un tête à tête avec quelque tyrannosaure) qu'il me faut m'arracher à l'exploration des merveilles naturelles que renferme cette partie de l'île. Au Sud de l'île, le Kilauea tire avec contentement sur sa pipe à la périphérie de mon regard. Tranquillement assis sur son trône de pierre, la tête enivrée dans des volutes de fumée soufrée, il attend, presque moqueur, sachant pertinemment qu'aucun visiteur ne peut quitter l'île sans lui avoir rendu visite.
 
A suivre... 
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Commentaires

Portrait de Baptiste

C'est con d'avoir eu du brouillard pour ton tour en hélico

Portrait de Thomas B

Bah, ça fait plus couleur locale ^^ (et puis les tubulences en hélico, c'est marrant)

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