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Pourquoi la Chine a encore beaucoup à apprendre des USA

Au lendemain des scrutins du 2 Novembre (voir ici sur ce blog), la presse américaine déborde d'articles sur les différentes propositions qui ont été soumises au vote des électeurs. Parmi elles, un duo de propositions opposées met en lumière un phénomène que nos chers dirigeants de Sacramento (et d'ailleurs) aiment à glisser sous le tapis : le gerrymandering.Le gerrymandering pour les nuls : chaque Etat est divisé en districts pour ce qui concerne l'élection des représentants au Congrès. Ces districts correspondent généralement chacun à une zone socio-économique consistante : une ville et son aire d'influence, par exemple. Dans ces districts, il y a des gens. Ces gens ont des positions politiques différentes et le but du jeu pour un candidat est d'en rallier le plus possible à sa cause. Ca demande des arguments, du charisme et beaucoup d'efforts et, soyons francs, les résultats sont loins d'être garantis : après tout, les électeurs sont un peu crétins. La preuve, ils élisent même des morts parfois.Pour résoudre le problème, on pourrait ne leur proposer qu'un candidat, histoire d'être sûr qu'ils voteront pour le bon. Mais les Chinois, les Russes et pleins d'autres le font déjà et on leur dit que c'est mal. Comme on est depuis longtemps à la pointe de l'innovation aux Etats-Unis, on a trouvé mieux. Puisqu'on ne peut pas compter sur les électeurs pour élire le bon candidat,et qu'on ne peut pas le choisir pour eux, hé bien laissons donc les candidats choisir leurs électeurs.C'est pas compliqué : il suffit de déplacer un peu les limites des districts quand personne ne regarde. (Si) on sait à peu près quel quartier vote quoi, on s'arrange pour mettre les bons quartiers dans les bons districts et le tour est joué. On a tous le souvenir des cahiers de jeux où il fallait découper la pizza de tonton Robert de façon à ce que chaque part contienne deux anchois et trois olives. Le législateur malin préfère garder toutes les olives pour lui et éviter les anchois, et tant pis s'il faut un laser de précision plutôt qu'une roulette pour découper des formes baroques dans cette métaphorique pizza. Et puis si votre voisin aime les anchois, tout le monde s'y retrouve au final. L'entropie diminue et le monde ne peut s'en porter que mieux. Et puis dans un pays ou le tracé des frontières des Etats semble avoir été réalisé par le créateur de Tetris, un peu d'originalité ne fait pas de mal.Las, les électeurs Californiens (encore eux!) ont décidé qu'ils voulaient eux aussi jouer aux cartographes et ont fait passer celle des deux propositions qui donne ce privilège à un comité constitué de 14 d'entre eux. Ce ne sont donc plus des personnes compétentes (et figurant en bonne position dans le carnet d'adresses de législateurs qui préfèrent signer des chèques que prendre des risques) mais de vulgaires membres de la plèbe qui dessineront les prochaines cartes électorales de l'Etat.Après tout, tant qu'ils ne poussent pas le bouchon jusqu'à vouloir élire l'un des leurs au Congrès... Pour ceux qui se demandent d'où vient le terme gerrymandering, il s'agit d'une contraction du patronyme d'Elbridge Gerry, inventeur du concept (en 1812, tout de même) et de salamander : ce à quoi ressemblait son découpage de la région de Boston, censé aider ses petits camarades politiques de l'époque.La caricature qui a immortalisé le conceptPlus d'informations sur cette sympathique pratique ici (en Anglais) et (en Français).La source (article du LA weekly) est quant à elle par ici.Par ailleurs, la proposition 25 est passée : elle stipule que le budget pourra désormais être accepté par le parlement avec 50% des voix, et plus 66% comme c'était le cas avant.

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