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S8 à TU Wien : Mes trois premières semaines à Vienne

Salut à toi, lecteur/lectrice !

Je m'en vais te conter le récit de mes trois premières semaines de mon S8 à Vienne, à TU WIen !

Tout à commencé en France, en fait, au moment où j'ai posé le pied hors de chez moi, chargé de bagages, en sachant que je ne reviendrai pas pendant des mois. L'air frais du matin picotait délicieusement ma peau, et le soleil de l'aube colorait les étendues célestes de rayons dorés. Il était temps de partir à l'aventure !

1) Prologue : le voyage

J'ai choisi le train. C'est plus lent que l'avion, mais ça a son charme.

Mon trajet traversait la Suisse et l'Autriche, jusqu'à Vienne. J'ai donc pris les trains des Chemins de Fer Fédéraux de Genève à Zurich et de l'Österreiche Bundesbahnen de Zurich à Vienne. Je dois dire que les trains suisses sont particulièrement confortables. Un détail amusant, c'est qu'il y a parfois du roulis : les rails ne sont pas tout le temps dans le plan horizontal, et le train s'incline sur le côté. Paradoxalement, j'imagine qu'il faut donc éviter d'avoir le mal de mer pour prendre le train dans un pays aussi loin des côtes ! Le train autrichien n'avait pas la même atmosphère. Les wagons étaient très longs, et on pouvait entendre du bruit fait à l'autre extrémité. Dans un sens, c'était plus vivant, mais c'est moins facile pour dormir.

Toutefois, malgré la longueur du voyage, je ne tenais pas à m'endormir : les paysages défilaient de l'autre côté de ma fenêtre, et je ne voulais pas perdre une miette du spectacle. D'immenses lacs s'étendaient étendaient leurs eaux avec pureté et avec mystère, De vertes plaines affirmaient leur vitalité face à l'expansion des villes. Des montagnes et des falaises élevaient leur roche contre le regard, et en direction des cieux. Et enfin je vis la neige, dont les flocons brillaient dans la nuit. Les porte-bagages du train autrichien accueillirent d'ailleurs bientôt des paires de skis, et je me languissait de neige et de chocolat chaud. Mais l'heure n'était pas venu pour cela, la neige disparut de derrière les vitres, et le train poursuivit sa route jusqu'à la gare principale de Vienne (Wien Hauptbahnhof).

La gare est grande, sur plusieurs étages, je tombais de sommeil en cherchant la sortie, chargé de bagages. Je parvint à gagner à l'air libre, en foulant enfin le sol viennois. Je finis par trouver l'hôtel/auberge de jeunesse que j'avais trouvé. Le check-in m'a paru interminable. Une fois arrivé à ma chambre et écroulé sur mon lit, le bâtiment aurait pu s'écrouler que je ne me serais pas réveillé.

2) Premiers jours à Vienne

J'avais beau être arrivé à Vienne une semaine avant ma rentrée, je n'allait pas chômer. Il me fallait participer à une réunion d'information organisée par le service des relations internationales de TU WIen, et surtout trouver un logement. J'en ai aussi profité pour commencer à découvrir la ville et le mode de vie autrichien.

La réunion de pré-rentrée s'est bien passée. On nous a présenté les relations internationales locales, parlé des formalités d'inscription, et aussi présenté l'Erasmus Buddy Network, qui est une association d'étudiants Erasmus (comme son nom peut le faire deviner), et qui organise des événements.

L'inscription m'a permis de me confronter aux spécificités administratives et bancaires locales. Tout d'abord, il faut aller retirer à un guichet un formulaire pour pouvoir payer les frais d'incription. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander comment faisaient ceux qui ne parlaient pas allemand pour trouver le guichet (oui, il y a des étudiants Erasmus qui vont en Autriche sans parler un mot d'allemand). Mais la suite est encore plus truculente, car on ne peut payer les frais d'inscription qu'à un guichet de banque, avec le formulaire. Les chèques, et les mandats de prélèvement SEPA, on ne connait pas en Autriche. Dans la première banque où je suis entré, on m'a expliqué que si je payais là, j'aurais des frais supplémentaires, donc on m'en a conseillé une autre. Comme je connaissais à peine le quartier et que je n'étais pas sûr d'avoir compris les explications (il faut du temps pour s'habituer à l'accent autrichien), je suis parti avec une idée plutôt vague de ma destination. La deuxième banque que j'ai croisé, était fermée à cette heure là. Mais j'en ai trouvé une troisième, où l'on m'a dit qu'il fallait ouvrir un compte sur place pour réaliser le paiement. Comme je n'entendais ni m'embarquer dans toujours plus de formulaires, ni chercher une quatrième banque, ni payer de frais supplémentaire, j'ai sorti un billet de mon porte-feuille et le banquier a saisi que je voulais payer en espèce. L'affaire a dès lors été pliée en deux minutes, et la guichetière m'a dit avec un sourire que si jamais je décidais finalement d'ouvrir un compte en Autriche, c'était ici qu'il faudrait revenir. Sur le moment, j'avais surtout envie de ne plus remettre les pieds dans une banque de si tôt. A partir de là, j'avais accès à l'équivalent autrichien de l'ENT de l'ECM, pour commander ma carte d'étudiant, et choisir mes cours.

Trouver un logement a été une autre paire de manche. J'ai demandé un logment auprès du Service Autrichien des Echanges (Österreischicher Austauschdienst). Je suis allé d'abord voir les résidences, puis j'ai établi une liste de voeux en ligne (on m'a d'ailleurs proposé autre chose, comme les appartements où j'avais postulé étaient pleins), payé ma caution (bien entendu, uniquement par virement ou en espèce... donc par virement, pour ne pas me balader dans une ville que je connais à peine avec deux mois de loyer en billets dans les poches), fait l'état des lieux de la chambre qu'on m'a attribué (il manquait une spatule, un couteau de cuisine, et une cuillère en bois. Et ma chaise de bureau en a aussi vu des vertes et des pas mûres), et ait reporté les formalités suivantes à un autre jour, pour cause de rentrée à TU Wien le lendemain.

3) Die Technische Universität Wien (TU Wien) : l'Université Technique de Vienne

TU Wien est répartie dans plusieurs bâtiments, tous dans le même quartier, à quelques exceptions près. L'université est bien placée, juste à côté du centre-ville, bien desservie par les transports, avec un petit parc pas loin. Certains des bâtiments sont magnifiques. Mais avant de reparler de l'extérieur, je vais d'abord vous parler de ce qui se passe à l'intérieur. J'ai surtout cours dans un bâtiment nommé la "Freihaus". De grans amphis aux sièges en bois (très confortables ! par contre les tables sont petites et inclinées), des salles de séminaires jusqu'au 10ème étage, des laboratoires, des bureaux de professeurs, des salles informatiques, une cantine, un centre d'impression... le bâtiment grimpe en hauteur pour tout accueillir. Physique des particules, ondes de type "soliton", plasma, rayonements, matériaux doux... la science est à l'honneur entre ces murs !

Une spécificité locale, c'est qu'à TU Wien, les amphis et autres salles utilisent le bon vieux système tableau noir + craies, avec un système coulissant pour les tableaux, mais surtout avec une technique d'effaçage révolutionnaire ! Chaque salle est en effet équipée d'un lavabo, d'une sorte d'éponge longue montée au bout d'un manche et d'une raclette. Avec le lavabo, on humidifie l'éponge, avec l'éponge humide, on efface le tableau par bandes de 40cm de large, et avec la raclette on le sèche avec la même efficacité. Ca donne un tableau impeccable en un temps records, c'est impressionnant !

Prendre des cours en allemand est excellent pour le vocabulaire, mais ça demande aussi pas mal de concentration, et certains profs ont un accent à couper au couteau. Par chance, les notations physiques et mathématiques sont assez proches de ce qu'on rencontre en France.

A TU Wien, on compose soi-même son emploi du temps, en choisissant ses cours. La mauvaise nouvelle, c'est que c'est un peu la galère en terme d'organisation. L'excellente nouvelle, c'est qu'on a une liberté de choix énorme, et qu'on peut prendre des trucs qui nous passionnent tout en se construisant un emploi du temps comme ça nous arrange. Par chance, on a une quinzaine de jours pour changer son Learning Agreement à partir du début du semestre.

La Freihaus comporte en plus du reste une papeterie (c'est très pratique !) et deux cafés. L'un d'eux s'appelle le Café Schrödinger, et je trouve particulièrement savoureux d'y boire un chocolat chaud à la crème en sortant d'un cours de physique nucléaire (mais c'est très délicieux aussi après les cours sur les plasmas).

D'ailleurs, en parlant de boire et manger, le quartier est très bien doté en points de restauration. Assez curieusement, les kebabs et les restaurants asiatiques vendent souvent entre autres des escalopes viennoises et des canettes de 0,5L de bière autrichienne. L'Autriche semble une terre faste pour le syncrétisme culturel.

L'université comporte une bibliothèque universitaire qui occupe un bâtiment entier, où les ouvrages poursuivent leur tâche sacrée de transmettre la connaissance.

Mais j'en ai assez dit sur mon installation et sur l'université, passons à la ville !

4) Vienne : une ville de caractère

On sent qu'on est à Vienne dès le petit déjeuner, que l'on peut prendre au café : petits pains, beurre, miel, confiture, jus de fruit, mais aussi charcuterie et fromage, viennoiseries, jus de fruit, et bien entendu le chocolat chaud viennois, ou le café pour les amateurs. Après ça, on est prêt à partir à la rencontre de la ville ! Il y a des quantités impressionnantes de choses à voir.

D'abord, l'incontournable cathédrale Saint Stéphane au centre du centre historique. Gothique, comportant une boutique de souvenirs et d'articles religieux (= les marchands du temple en version 21ème siècle), et avec un grand clocher où on peut monter, avec une super vue d'en haut.

Ensuite, il y en a pour tous les goûts : maison de Mozart, appartements du Kaiser, châteaux, musées en tous genre, parcs immenses... Je pense que même à la fin de mon S8, je n'aurais encore vu qu'une petite partie de tout ça. J'ai par exemple déjà visité le Musée de la Torture, installé dans un vieil abri antiaérien de la Seconde Guerre Mondiale.

Après quelques heures de visites, si l'on veut se restaurer, il y a de nombreuses cabanes où l'on vend de la nourriture. Kebabs, grosses saucisses, pommes de terres rôties... l'offre de restauration rapide est diversifiée. On peut aussi s'arrêter dans un café. C'est l'occasion de savourer un café ou d'un chocolat à la crême, ce qui requinque efficacement ! Certains cafés proposent aussi des petits déjeuners et des repas chauds. On peut aussi manger dans les Stüberls (sorte de débit de boisson), et accompagner le repas d'une bière.

Mais que mange-t-on vraiment ? L'incontournable escalope viennoise, mais aussi la goulash (soupe à la viande), les knödel (des sortes de quenelles, mais c'est pas la même chose pour autant), les cevapcici (sorte de rouleau de viande hachée), les Spätzle, les soupes...
Dans les magasins d'alimentation, on trouve aussi de délicieux yaourts aux fruits dans des gros pots (par exemple de 400g), des tablettes de 300g de chocolat Milka, et toute une offre de charcuterie et de fromages différentes des produits français. Dans les boulangeries, le pain n'est pas le même non plus. D'ailleurs, en parlant de magasins, il y a une chose à savoir : A Vienne, la plupart sont fermés le dimanche.

5) Perspectives pour la suite

J'ai déjà beaucoup écrit pour aujurd'hui, je continuerai mon récit dans un autre jour. D'ici là, je devrais avoir encore beaucoup de choses à raconter sur la ville, le fonctionnement de l'université, les méandres de l'administration autrichienne, la vie quotidienne, et peut-être sur la neige et les montagnes ! =)

Merci de ta lecture, et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Axel

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